2 février 2011

Und tschüss!

Posted in blablabla à 23:52 par Nath

Le label Qualité français langue étrangère […] est attribué par une Commission interministérielle présidée par la Direction générale de l’Enseignement supérieur […]

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Je suis certaine qu’il y a des gens qui trouvent ça cool ou rassurant de voir le gouvenement juger de la qualité des centres de langue. Moi, ça me donne juste envie de pleurer (dans un bon jour. Dans un mauvais jour, ça me file la gerbe ou la rage) : l’enseignant de FLE est juste bon à agiter haut la bannière du français et de la France presque gratuitement, par amour de la langue et de l’enseignement. Et dieu sait qu’on est nombreux à être assez cons dans le métier pour le faire. Trois ministères qui vont donner leur avis sur les centres. Trois. Et pas un qui est capable d’offrir des emplois corrects avec des salaires décents. Ben non, ils seraient fous aussi puisque l’enseignant de FLE est volontaire pour aller à l’étranger pour 600 ou 800€ par mois, avec le sourire en plus. Ils seraient fou de reconnaître l’enseignant de FLE comme un vrai prof, un vrai pédagogue qui par conséquent mérite le même salaire et les mêmes conditions en matière de sécurité de l’emploi que les profs du service public.
Alors ouais, on va me rétorquer qu’il n’y a pas assez d’emplois pour ça. Mon. Oeil.
On va me rétorquer que n’étant pas du service public, on est plus au service du public et qu’on est donc plus libres d’offrir un contenu de qualité à nos apprenants. Certes, quand on est dans un centre qui a les moyens, sinon c’est comme ailleurs, démerden Sie sich.
On va me rétorquer que ce n’est pas le rêve de tout le monde d’être fonctionnaire. Certes aussi, mais entre 800€ par mois et 2500 (à la louche, je n’ai pas vérifié les chiffres exacts), mon choix est vite fait. Même si l’argent ne fait pas le bonheur, etc…

Trois ministères. Et en plus faut payer pour ça. Vie de merde.

J’ai vécu un de ces audits, pour un label de qualité. Et bien c’est de la merde. Avoir un extincteur est mis sur le même plan que la qualité de l’enseignement. Les profs sont au bord de la crise de nerfs pendant 10 jours, bossent jusqu’à 22h pour mettre leurs fiches au propre et ils se font allumer s’ils parlent plus de 10% du temps de cours – sachant que c’est infaisable, entre les consignes, les corrections, les explications, les exemples, je veux bien qu’on m’explique comment faire surtout quand la demande des apprenants est plus importante que 6 ou 8 pauvres minutes (et je peux vous dire que j’en ai eu des classes qui râlaient et se bloquaient quand j’essayais de m’y tenir. Enfin, tout prof a eu une classe de merde difficile un jour ou l’autre, je sais je sais).

Heya~ 💡 Si vous payez plus que le SMIC, je nettoie vos chiottes avec mon diplôme de bac+5. Pour ce qu’il vaut…

Enfin voilà, si l’un des trois ministères me propose un emploi, un vrai, promis je fais plus qu’y réfléchir. Bisous, hein.

(Et après ce post, j’arrête de parler du boulot et de tous les sujets déprimants. Je vais parler indemnisations, qu’est-ce que vous en dites ? Ca aussi c’est fun d’être pris pour la dernière des connes qui demande l’aumône alors qu’on a bossé et que cet argent est un droit – du moins encore pour l’instant. Sinon, je veux qu’on me rembourse mes cotisations sociales… >_>)




Je retourne matter K-on! avec du pop-corn. Kinenveut ?